Profil Amilcar Cabral

Cabral, un panafricaniste arrêté à mi-parcours

Né le 12 septembre 1924 à Bafata en Guinée-Bissau, un pays frontalier du Sénégal, Amilcar Cabral était un des défenseurs de la race noir et combattant de la colonisation lusophone en Guinée Bissau. Amilcar Cabral est «une grande figure mythique», comme le considère le professeur et chercheur guinéen Cerno Djalo lors d’une conférence organisée le mardi 11 juin 2013 au Warc (West African Research  Center). Il a achevé ses études secondaires en 1943, à Mindelo, sur l’île de São Vicente au Cap Vert. Ayant bénéficié d’une bourse d’étude en 1945, il poursuivit ses études d’agronomie à Lisbonne, au Portugal où il restera jusqu’en 1952. «Patrimoine africain et mondial mais également grand théoricien de plusieurs mouvements de libération du Tiers monde », selon le professeur Djalo pour parler de son héritage, Cabral, n’a pas seulement laissé un patrimoine pour son pays. Ce qu’il faisait, avait traversé les frontières. «Amilcar Cabral   est une personne qui nous a marqué au Sénégal. Si vous dites, Cabral on se réfère au bonnet qu’il portait», a témoigné  Seydi Ababacar Ndiaye, actuel Secrétaire générale du Syndicat autonome des enseignants du Supérieure au Sénégal (Saes). «Quand on était jeune, tout le monde se faisait le plaisir d’avoir sur la tête ce bonnet  qu’on appelait Cabral. Ce qui montre que ce qu’il faisait ne nous a pas laissé indifférent », a-t-il ajouté. Amilcar Lopes Cabral ou Abel Djassi de son pseudonyme, fervent militant pour l’Indépendance de l’Afrique lusophone et australe, n’a pas seulement intéressé les Sénégalais de par son bonnet mais également avec ses idées et son engagement pour le continent. Selon Mamadou Diop Decroix, actuel secrétaire générale du parti politique sénégalais And-Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme (AJ/PADS) : « Cabral est mort très tôt. L’homme avait la dimension, l’envergure intellectuelle et politique, qui faisait qu’il pouvait contribuer à la lutte pour l’Afrique.»  Cabral, père fondateur du parti politique le PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée Bissau et du Cap Vert), était l’un des chefs de file du mouvement indépendantiste de la Guinée Bissau. Il fut assassiné avant la fin de son combat,  par les membres de son parti le 20 janvier 1973, à Conakry à quelques mois de la proclamation de l’indépendance.

Mariama Diémè

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