La Guinée-Bissau, un pays meurtri depuis son indépendance

L’héritage d’un héros en question

Trente neuf ans après son indépendance, la Guinée- Bissau est l’un des pays africains qui peine à relever le défi de la démocratie. Depuis l’assassinat  d’Amilcar Cabral, les politiques et les militaires ne parviennent toujours pas à réconcilier les Guinéens et à construire un Etat indépendant.

Colonisée par le Portugal, l’une  des puissances coloniales qui est restée le plus longtemps en Afrique (jusqu’en 1974), la Guinée-Bissau  a connu une série  de crises liées aux coups d’Etat depuis son indépendance le 10 septembre 1974.

« La Guinée-Bissau est secouée par une succession de coups d’Etat depuis son indépendance à nos jours», a fait savoir le professeur et chercheur Cerno Djalo, lors d’une conférence tenue au West African Research Center (WARC) le mardi 11juin 2013. Cette conférence avait pour thème: l’héritage d’Amilcar Cabral et dynamiques identitaires en Guinée- Bissau.

Depuis son indépendance à nos jours, la Guinée-Bissau est restée statique et peine à achever le travail entamé par Amilcar Cabral. Les coups d’Etat sont souvent  perpétrés par les militaires.

Le premier coup d’Etat a eu lieu le 14 novembre 1980 sous le régime de Luis Cabral, le demi-frère d’Amilcar Cabral. Il a été orchestré par João Bernardo Vieira, dit « Nino Vieira » qui rejoignît le parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) d’Amilcar Cabral en 1960. Il a renversé le gouvernement de Luis Cabral. L’élite militaire prend ainsi le dessus sur l’aile politique.

Nino Viera, est assassiné le 2 mars 2009 dans sa résidence officielle par des hommes armés, juste après l’assassinat du Général Batista Tagme Na Waie. Depuis lors, la Guinée Bissau reste le pays africain qui a connu le plus de coups d’état.

La recrudescence de ces nombreux assassinats, plonge la Guinée-Bissau dans un bouleversement politico-militaire.  Cette situation ne cesse de perdurer.

Après la mort  d’Amilcar Cabral, la Guinée-Bissau demeure toujours dans l’obscurité et l’héritage de cet homme semble être perdu.

La présence des narcotrafiquants en Guinée-Bissau est toujours d’actualité.  Cabral est parti et a laissé derrière lui des regrets au  peuple bissau-guinéen.

« La Guinée Bissau n’est toujours pas sortie de la crise. Elle peine à relever les défis de l’éducation, de la réconciliation des peuples et de la construction d’une société crédible  capable d’affirmer son identité et son essence», parachève le professeur Cerno Djalo.

Fervent combattant,  révolutionnaire, défenseur des droits de l’homme   jusqu’ à son assassinat le 20 janvier 1973, Cabral est l’une des figures emblématiques  de la Guinée Bissau.

Gaustin DIATTA

                                                                                                                

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